Carnet de route
Coup de Sirocco sur l'Arête de la Gorge Noire
Le 07/02/2021 par Cédric R.
Nous voici de nouveau réunis pour la 2ème séance de préparation grande voie. Le secteur choisi est l’Arête de la Gorge Noire au Parc des Bruyères à Marseille. Le ciel est orange, englué de poussières du Sahara et accompagné d’un vent fort.
Nous optons pour un départ en cordée de trois en corde à double.
La première longueur 5a, à peine abritée, permet d’accéder à une vire spacieuse. Le relais est posé. Nico et Caro me rejoignent. Yann qui veille au grain arrive par un chemin détourné.
Nico enchaîne avec la 2ème longueur. Un pas de 5c l’attend. En plus de l’équipement récent, d’anciennes plaquettes rouillées et taguées de peinture rouge dépassent de 10 cm la paroi et n’inspirent guère confiance. La chute est interdite. Le vent forcit et complique la tâche. Yann s’encorde et nous prête main forte. Le pas est franchi. Le relais est installé sur une vielle plaquette et une broche profondément scellée.
Caro part en second. Le vent est de plus en plus puissant : il s’insinue sous son casque pour le lui arracher. Une autre rafale tente de l’éjecter de la paroi telle une main diabolique. Quel vent de Fada !
Regroupés au relais, nous nous faisons tous bien brasser. Que la bière sera bonne ce soir !
C’est à Caro de partir en tête sur une arête en 3 et exposée aux vent tempétueux. Chaque mouvement coûte et doit être scrupuleusement calculé pour assurer la tenue au rocher. Comme nous sommes à Marseille et au vu des conditions, ça vaut bien un 6 ou un 7 ;-)
Nous attendons avec Nico au relais. Les rafales sont de pire en pire. Impossible de communiquer oralement. Nous attendons impatiemment les 2 coups secs sur la corde nous autorisant à quitter le relais. Ce n’est pas flagrant. Une fois les cordes tendues, nous partons après un temps de latence approprié.
Grandiose ! Nous nous retrouvons au sommet juste après le relais officiel, installés dans un havre de paix à l’abri des bourrasques. Nous profitons de ce moment pour contempler la vue sur la cité phocéenne et ranger le matos. La descente se fait à pied, par un chemin délicat.
Nous arrivons au pied des voies, fatigués mais ravis. Ces trois longueurs en valaient bien six ! L’objectif de mise en application des enseignements précédents est rempli !!!






